mardi 11 octobre 2016

Pays-Bas - Les pieds sur terre de Gerald de Hemptinne


Parce que pour connaître les peuples, il faut d’abord les comprendre. 
Ce pourrait être une formule, mais c’est tout un programme. Ce petit guide qui tient dans la poche a pour autre ambition que de donner de bonnes adresses ou de cheminer à travers les villes. Mais il s’agit bien là de découvrir l'âme des peuples, d’où le titre de la collection. 
En cheminant à travers l’histoire, à travers le pays l’auteur, nous aide appréhender ce peuple qui veille sur ses polders. 
Protégés de la mer du Nord par un rempart de dunes et de digues, les Néerlandais mènent une Lutte acharnée contre les eaux, forgeant ainsi l’âme d’un peuple. 
Les Néerlandais, réputés économes ne sont pas avares de leur pays. Alors pour comprendre les Polders, découvrir Maastricht la bourguignonne, Urk l’austère et généreuse ou savoir pourquoi ce surnom de Bataves. Il ne faut pas hésiter à se plonger dans ce petit livre tout en finesse. Loin d’être monotone ce petit périple en terre Néerlandaise, nous permet de mieux comprendre pourquoi le commerce est presque inscrit dans leur ADN au même titre que la tradition picturale et les grandes migrations. 

"Au fil de ce voyage, c'est un pays fait de paradoxes et de surprises qui apparaît, qui n'échappe pas aux tourments identitaires et quêtes de valeurs contemporaines."

Pays-Bas - Les pieds sur terre de Gerald de Hemptinne 

Merci  Lecteur.com

dimanche 25 septembre 2016

Dans les forêts de Sibérie de Sylvain Tesson


Assez tôt, j’ai compris que je n’allais pas pouvoir faire grand-chose pour changer le monde. Je me suis alors promis de m’installer quelque temps, seul, dans une cabane. Dans les forêts de Sibérie. J’ai acquis une isba de bois, loin de tout, sur les bords du lac Baïkal. Là, pendant six mois, à cinq jours de marche du premier village, perdu dans une nature démesurée, j’ai tâché de vivre dans la lenteur et la simplicité. 


Ce plonger dans ce journal, ce carnet de bord est pour le moins dépaysant et parfois déconcertant.  Accompagner cette homme qui fait le choix de s'isoler, de se plonger dans une sorte de méditation, d'introspection. Seul... Dans sa cabane de 9m2... Seul... Devant cette étendue blanche et glacée, avec pour seuls compagnons des litres de Vodka et des dizaines livres classiques et contemporains. Plus tard quelques errants locaux l'accompagneront, deux chiens puis les ours. Seul ... Oui, occuper les longues heures, en lisant, réfléchissant sur sa condition, sur notre société,  pratiquant la pêche,  partant  randonner ou  observant le va et vient de quelques mésanges affamées.
Une retraite volontaire pour apprendre à se connaitre, à reconsidérer le temps qui passe, à s’écouter, à contempler. 
J’ai apprécié le témoignage de cet homme parfois sensible et poétique mais surtout observateur et contemplateur de la nature qui l'entoure, mais aussi de notre société.    
Alors on peut se poser la question, du véritable intérêt de cet isolement, mais à quoi bon... Chacun d'entre nous à un moment nos vies faisons des choix, par envie, par intérêt, par narcissisme ou par vanité... Des choix qui comme autant de guides nous ont fait grandir et que nous pourrions aussi conter. 


Merci à Lecteur.com
   

Dans les forêts de Sibérie de Sylvain Tesson chez Folio 7.70€

dimanche 11 septembre 2016

Hommage à Jim Harrison au Festival América



"Big Jim" était à l'honneur vendredi soir au Festival América à Vincennes. Décédé samedi 26 mars 2016 à l'âge de 78 ans, Jim Harison aura marqué les lecteurs notamment avec Talva, Légende d’automne et bien d’autres encore. Il a beaucoup écrit sur sa région natale du Michigan ou sur l’Arizona. Un homme éveillé et émerveillé qui  avait le gout pour la bonne chair et le bon vin.


La soirée commence alors par quelques extraits du futur documentaire que lui consacre François Busnel . Déjà, une certaine émotion s’empare de la salle.

Place aux invités, Francois Busnel , Brice Matthieussent le traducteur, Patrice Hoffmann éditeur , et deux autres géants de la littérature Américaine, Dan O’Brien et Jim Fergus. Et animé par julien Bisson du Magazine Lire . 

"Il est unique", "Amoureux de la nature", "Il avait la capacité à faire ce qu'il voulait", "douceur, gentillesse, générosité" les qualificatifs n'ont pas manqué pour parler de l'homme et de l'œuvre de celui qui ne voulait pas céder à l'illusion de l'autobiographie, "jeu littéraire drolatique".

Dan O'Brien ne manquant pas, à la manière de Jim de poser quelque verres sur la table et d'ouvrir une bouteille de Jameson, indispensable avant toutes bonnes conversations.
Autre joli moment quand Jim Fergus offrit à Francois Busnel, la canne-serpent indienne de Jim Harrison " Désormais je suis protégé " dit-il en recevant le présent  .
 
Il y a eu des rires, de l'émotion et des applaudissements. Une belle soirée consacrée à celui qui souhaitait avoir comme épitaphe " Il a rempli sa tache...". 

En conclusion de la soirée la projection de Légende d'automne.

Sans oublier la sympathique rencontre surprise avec Elsa de les carnets d'une runneuse
Son dernier roman :
Le vieux saltimbanque paru le 6 septembre chez Flammarion 15€


mardi 6 septembre 2016

[Retour] sur le ForumFnacLivres ( 1 ) ou En attendant Bojangles


Samedi matin rendez vous était donné au Carreau du temple pour le ForumFnacLivres

Il est des salons où l'on paie pour entrer, où l’on se bouscule dans les allées, où l’on passe des heures à espérer parler à son auteur préféré.
Et il en est d’autres, où déjà dans la rue on te sourit et t’indique l’entrée, où on t’accueille en te remercient d’être venu, quel que soit le nombre de livres qui t’accompagnent.
Le second accueil encore plus chaleureux, des bises, des poignées de main à des pseudos dont tu découvres les visages @leilonaa de Bricabook - @lirreguliere de Les chroniques culturelles - @alombredunoyer de A l’ombre du noyer, @nimentrix de Nimentrix
Après les présentations, petit tour de salon, déjà sur le forum Philippe Geluck parle du Chat, la verrière ensoleillée envahie de papillon de papier et des murs de post-it pour partager ses coups de cœur, des étagères envahies de livres .
Le moment de monter dans le bus des années 30 est venu, partir et sillonner les rues de paris en compagnie d’Olivier Bourdeaut. Dès le démarrage du vieux bus on aurait pu citer le livre « ça grondait, ça clapait, ça crépitait, ça s’effilochait doucement avant de repartir de plus belle ».
Quelques rues plus loin, comment est né le projet d’écriture et quelques tranches de vie, les difficultés à trouver sa place, les échecs, les angoisses, la confiance en soi. Et c’est Notre dame que voila, Mademoiselle Superfétatoire fait son apparition dans la conversation. Le Panthéon en compagnie de Mister Bojangles, une fois sur les quai de Seine on apprend pourquoi Margueritte changera de prénom à chaque jour de la semaine.
Une heure plus tard, quelques salves de questions et "des mensonges à l’endroit à l'envers" la balade est terminée, on se salue, se photographie, se sourit , se remercie. On s’échange quelques mots… On se revoit toute l’heure, si vous le souhaitez.

 Photos @captainejoyce
Deux heures plus tard en tête à tête, on reparle de la balade en bus, de nos regards portés sur nos vies, des difficultés à apprécier ce que l’on fait et d’y porter un juste regard. Un moment en toute simplicité, on se serre la main et « J’espère que vous allez continuer à lire, à rire et danser avec Mr. Bojangles »

La suite de cette belle journée prochainement …

"Sous le regard émerveillé de leur fils, ils dansent sur "Mr. Bojangles" de Nina Simone. Leur amour est magique, vertigineux, une fête perpétuelle. Chez eux, il n’y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis.
Celle qui donne le ton, qui mène le bal, c’est la mère, feu follet imprévisible et extravagant. C’est elle qui a adopté le quatrième membre de la famille, Mademoiselle Superfétatoire, un grand oiseau exotique qui déambule dans l’appartement...."


En attendant Bojangles d’Olivier Bourdeaut aux Éditions Finitude15,5 €

lundi 29 août 2016

Mes amis devenus de Jean-Claude MOURLEVAT


Qu’avons nous fait de nos rêves ?
Que sont nos amis et nos amours devenus ?
Ouessant.
Accoudé à l’embarcadère, un homme scrute la ligne d’horizon.
Dans quelques instants, le ferry va se dessiner dans le lointain et lui apporter ses quatre amis. Le premier est comme son frère, mais il n’a pas revu les trois autres depuis quarante ans.
Le vent fouette son visage ; les mouettes crient ; le jour décline.
Lours’ est-il toujours une force de la nature ? Luce est-elle toujours aussi folle ? Mara ressemble-t-elle encore à celle qui l’avait ensorcelé, autrefois?
Et lui-même, comment sera-t-il à leurs yeux ?

Le nom de cet auteur m'était inconnu jusqu'à ce qu' Elsa des carnets d'une runneuse m'en parle. Auteur de littérature jeunesse depuis plus de quinze ans, Jean-Claude Mourlevat a publié une trentaine de romans .

Ils sont cinq et ils ne se sont pas revus depuis quarante ans. Silvère l'écrivain est le premier sur l'île, il prépare la venue des amis. Patienter sur l'embarcadère de l'ile d'Ouessant en l'attente du ferry est pour lui l'occasion de se remémorer ses souvenirs d'enfance et d'adolescence. Ainsi nous faisons la connaissance de Jean l'ami de toujours, de Mara, Luce et Lours'. En attendant le ferry avec lui, nous découvrons comment cette amitié c'est forgée, comment des petits moments  de vie ont permis à chacun de graver dans leurs mémoires une trace qui résistera au temps.

"J'étais tombé ami comme on tombe amoureux. Après cela je n'ai plus jamais été seul dans ma vie et cinquante ans plus tard, c'est ce même Jean que j'attends, accoudé à une barrière métallique, sur l'embarcadère du port d'Ouessant..."

Au fil des pages et des expériences, on découvre comment la vie les a fait grandir, les a chamboulé, bouleversé, fait s'aimer. Nous passons sur cette île quelques jours avec eux, des jours ordinaires ou parfois les silences en disent long. Le temps a fait son œuvre, temps des regrets mais très vite celui des retrouvailles. Retrouvailles  se faisant l'écho d'épreuves traversées et de souvenirs partagés.
Mes amis devenus est un livre aux personnages attachants, simples et drôles. Un livre sur l'amitié, l'amour. Et qui se lit en toute simplicité, touchant il se dévore même.
Et c'est empreint d'une certaine nostalgie que pendant les poses lectures, on se remémore nos bons moments... Que l'on reconstitue notre histoire.


Mes amis devenus de Jean-Claude MOURLEVAT- Fleuve Editions -2016- 17,90€

vendredi 5 août 2016

86, année blanche de Lucile Bordes

Au printemps 1986, le monde découvre Tchernobyl. Sous le nuage radioactif qui traverse l’Europe, trois femmes se racontent. Lucie, dans le sud de la France, se demande s’il va passer la frontière et bouleverser sa vie d’adolescente. Ludmila, dans la ville ultramoderne qui jouxte la centrale, veut croire que tout est sous contrôle dans l’invincible URSS. Ioulia, à Kiev, rêve d’indépendance et de son jeune amant français. Un moment crucial pour chacune d’entre elles, un moment crucial de notre Histoire. 


Chacun d’entre nous ne se rappelle peut-être pas comment il a appris la nouvelle, quel a été sa réaction au moment de la catastrophe. 
Lucile Bordes, donne la parole à trois femmes, chacune d'entre elle a vécu cet événement avec émotion, elle nous les raconte. En leur donnant la parole, elles expriment leurs choix,  amours et sacrifices. 
Nous sommes plongés le temps de la lecture en plein cœur du drame. Ce sont trois femmes de caractère, attachantes, parfois troublantes. Nous partageons leurs moments de vie, réflexions, visions du drame. 

Lucie  15 ans, la fille du sud, amoureuse, qui construit avec son petit frère un abri antiatomique en Lego , elle attend l'arrivé du nuage et observe la descente aux enfers de son père, licencié des chantiers navals.
Ludmilla, qui regarde fascinée, de manière inconsciente  les aurores boréales provoquées par l'incendie de la centrale nucléaire, évacuée vers Moscou  elle comprendra qu'elle ne reviendra jamais. Elle accompagnera dans la mort son mari ingénieur irradié.
Ioulia, dont le mari deviendra liquidateur. Femme d'un sacrifié pour la patrie, pour la nation, par sens du devoir. 

30 ans après, ce livre mémoire est touchant, fort, aux personnages attachants et touchés au plus profond de leur chair , un livre contre l’oubli. Un roman réaliste et émouvant .     

Un livre voyageur prêté par Leiloona de Bricabook : "Un roman essentiel, un memorandum, un linceul pour ces hommes enterrés dans des cercueils de plomb."

86, année blanche de Lucile Bordes aux éditions Liana Levi 14.50€

jeudi 28 juillet 2016

La fuite d'Ève Chambrot

C’est un homme ordinaire : comme tant d’autres, il veut gagner de l’argent, réussir. À la tête de sa petite entreprise, il mène une existence confortable. Un jour, les clients disparaissent,
les dettes s’accumulent et tout s’effondre. Dès lors, il aura une seule préoccupation : que personne n’en sache rien...

"Certains choix sont sans retour. Après eux, il n'y en aura pas d'autres, car ils tracent un chemin ou ne se dessinera plus la moindre bifurcation. Il y a un avant, il y a un après..."
Ainsi débute le roman, notre homme à tout pour être heureux, une entreprise prospère, de l’argent, une vie facile mais parfois un peu ennuyeuse. Après le mariage une vie rangée, lisse, deux filles, c’est un bon père qui a des envies de fuite.

Lui a toujours de grands projets ... Partir aux États pour y avoir une vie encore plus prospère. Elle s’occupe de tout... Ne s’occupe plus d’elle. 
Les choses ne vont pas comme il aimerait. La petite entreprise prend l'eau, coule, il empreinte un peu partout en cachette, s’endette, rien n'y fait. C’est à ce moment là que commence la spirale du mensonge. "Quand j’ai commencé à mentir à tout le monde, j’ai compris que je m’étais engagé dans un processus irréversible". 
Le doute s'installe, les choses ne vont plus, le couple vacille " le temps passe, sans apporter autre chose que de nouveaux ennuis."
Gagner du temps... Il n'a plus que ça à l’esprit.

A coup de courts chapitres de réflexions et de narrations, l'auteure nous plonge dans sa descente aux enfers, dans l'univers de cette être malsain, aux idées et solutions radicales. J'ai très été happé par cette histoire, devenu témoin impuissant du plan machiavélique mis en scène par cet esprit gangrené.

"- D'ici là, il peut se passer tellement de choses ..."

Oui ! Il se passe tellement de choses dans ce court roman, La fuite, un roman sur la folie d'un homme orgueilleux et détestable, un roman qui se lit presque d'une traite en dehors des quelques poses nécessaires pour reprendre son souffle. 

J'ai vraiment apprécié la lecture de ce roman de belle qualité qui est aussi un bel objet proposé par les Éditions Envolume

La fuite d'Ève Chambrot , Éditions Envolume 14€ à paraitre le 25 août 2016

Merci à Lara des Éditions Envolume pour cet envoi.


.

jeudi 14 juillet 2016

Des hommes de peu de foi de Nickolas Butler



Nelson, jeune scout à lunettes, passe l’été 1962 au camp Chippewa, dans le nord du Wisconsin. Au programme : veillées au coin du feu, courses d’orientation dans la forêt, bains dans le lac glacé…et soirées clandestines. Trente ans plus tard, que reste-t-il du garçon d’antan chez ce vétéran à jamais hanté par la guerre du Vietnam? 

Nelson, 13 ans clairon sur le camps scout de Chippawa, enfant solitaire, en plein apprentissage de vie. Malgré sa volonté d'intégration dans le groupe, aux yeux de tous il reste "Le clairon" un adolescent moqué. Nelson va être amené à faire des choix, suivre le groupe et le chemin qui mène à la décadence ou trahir. Doit-on être prêt à tout pour avoir des amis? Nelson peine aussi avoir une conversation avec son père, une souffrance qu'il porte jusque dans ses rêves.
Nous suivons Nelson à travers son destin et les portraits croisés d’hommes et de femmes à trois étapes de sa vie 1962, 1990 et 2019.
Année après année, il va devoir faire des choix qui ne seront pas sans conséquences.
Amitiés, amours et liens familiaux en sont les fils conducteur.

Qui est Nelson cinquante cinq ans plus tard. L'enfant souffre-douleur est devenu un héros de la guerre du Vietnam et toujours hanté par celle-ci  avant d'être porte-parole et défenseur de la bonne morale. Un homme protecteur,  fatigué portant en lui le traumatisme d'une adolescence imparfaite et d'un manque d'amour paternel.  
" Cela dit l'amour n'appartient pas au domaine de la raison . L'amour est une émotion. "

Nickolas Butler signe là avec ce  roman, le portrait d'une société qui peine à évoluer, en repli sur elle-même. A la fois dépravée, puritaine, désespérée et porteuse d'une soit disant bonne morale . Un roman que l'on ne lâche pas sans en avoir eu le dénouement.

« Les héros sont toujours gouvernés par le cœur, les lâches par le cerveau. Ne l’oublie jamais. »

Des hommes de peu de foi de Nickolas Butler aux Éditions Autrement  / 23€
A paraître le 24 août 2016

Merci aux éditions Autrement de m'avoir permis de faire cette lecture. 

  

dimanche 19 juin 2016

Deux-pièces d'Éliette Abécassis

"INCIPIT" - Premiers mots d'un texte. Ceux par lesquels l'auteur et le lecteur se rencontrent ... Pour la première fois. Cette collection propose à de grand écrivains de redonner vie à une première fois historique et d'en faire un objet littéraire personnel.
Elle était là, presque nue, devant la piscine, à Molitor. Exposée aux yeux de tous, dans ce grand “paquebot” aux façades couleur terre de Sienne, à l’architecture des années trente… ». Lors d’un défilé, la France de 1946 découvre la bombe atomique du couturier Louis Réard : le bikini. Dans le public, Gaby, une jeune fille « toute frêle, à la peau diaphane » prend des notes. Un jeune homme l’interpelle. C’est Antoine, son grand amour qu’elle n’a plus revu depuis l’Exode. Il a participé à la conception du premier maillot deux pièces…
La petite collection Incipit continue de décliner "les premières fois". Cette fois-ci, il s'agit de fêter un anniversaire, 70ans, c'est l'âge  du premier maillot de bain Deux-pièces, il est bel et bien apparu en 1946. Éliette Abécassis a choisi le roman pour traiter le sujet. Gaby et Antoine se retrouvent après de longues années d'absence,  piscine Molitor alors que le défilé-concours de maillot de bain bat son plein. Dés son apparition, il fait frémir l'assistance, stupeur, silences d'approbation, paroles de détestation. S'en suit un échange chuchoté à l'oreille empreint de nostalgie entre Gaby et Antoine, comprendre pourquoi ils se sont éloignés l'un l'autre, se raconter la guerre, Vichy, la résistance, le communisme, petit à petit la conversation nous emmène vers l'après guerre et son besoin de liberté, sur la place que pourrait prendre la femme dans la société.
Pendant ce temps, Micheline Bernardini reçoit le premier prix pour avoir porté les petits triangles de tissus de Louis Réard ingénieur automobile de son état. Ils seront  appelés Bikini en référence à l'atoll du pacifique où vient d'avoir un essai atomique. Ce bikini baptisé "Atome" pourrait bien faire l'effet d'une bombe et lancer  les premier débats sur le féminisme, la féminité et la liberté ou non de montrer son corps.


Deux-pièces, Eliette Abécassis, illustration de couverture de Thibault Balahy,  Editions Prisma, collection Incipit, 2016 12€

 





mercredi 15 juin 2016

Prix du Polar Lire en Poche/Sud Ouest 2016

Le Prix du Polar Sud Ouest/Lire en Poche qui existe depuis 2012 dans le cadre du salon des livres de poche de Gradignan  a lieu chaque année le premier week-end d'octobre. Le salon fêtera cette année ses douze ans, et aura lieu du 7 au 9 octobre prochains. 

A cette occasion, les lecteurs/internautes peuvent voter pour leur roman noir ou polar favori parmi une sélection de cinq titres d'auteurs francophones parus en poche. 
Le Prix sera remis le vendredi 7 octobre lors de la soirée d'ouverture du salon Lire en Poche 2016.  

Les romans 2016 en lice sont  :
- Franck Bouysse, Grossir le ciel. Livre de Poche Policiers, janvier 2016.
- Hervé Commère, Imagine le reste. Pocket Thrillers, septembre 2015.
- Jérôme Leroy, L'Ange gardien. Folio Policiers, février 2016.
- Nicolas Mathieu, Aux animaux la guerre. Babel Noir, janvier 2016.
- Guillaume Prévost, La Berceuse de Staline. 10-18 Grands détectives, octobre 2015.

Les votants,  ont la possibilité de gagner 3 lots qui seront tirés au sort :
1 invitation pour la soirée de Gala du salon le samedi 8 octobre avec tous les auteurs invités ;
1 an de lecture (soit un titre/mois, 12 polars en poche) ;
la sélection des 5 titres retenus pour le prix.

Pour voter, il faut aller sur le site de Sud Ouest du 8 mai au 10 juillet prochain.

lundi 13 juin 2016

Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants de Mathias Enard

En débarquant à Constantinople le 13 mai 1506, Michel-Ange sait qu'il brave la puissance et la colère de Jules II, pape guerrier et mauvais payeur, dont il a laissé en chantier l'édification du tombeau, à Rome. Mais comment ne pas répondre à l'invitation du sultan Bajazet qui lui propose- après avoir refusé les plans de Léonard de Vinci, - de concevoir un pont sur la Corne d'Or ?
Ainsi commence ce roman...
Un véritable plaisir de lecture, au point de  finir le livre par petites touches pour faire durer le retour au 21ème siècle...
Passer quelques semaines aux côtés de Michelangelo, partir  pour Constantinople, partager son quotidien, les tourments et questionnements  d'un des plus grands sculpteur, peintre, architecte, poète de la renaissance florentine. "Combien faudra-t-il d'œuvres d'art pour mettre la beauté dans le monde?"
Oui, il s’agit bien là de partager les tourments de Michel-Ange. Aurait-il dû laisser ses frères seuls à florence? Et si le pape découvrait qu'il est Constantinople pour travailler aux côtés du sultan Bajazet. 

Comment ne pas être  bouleversé par cette homme en recherche de perfection, après avoir vu le David dans  la Galerie de l'Académie à Florence. Ce pont sur la Corne d'Or qui finit par le hanter sera-t-il au final à son image?  "On y lit, la force, le calme et possibilité de la tempête. Solennel et gracile à la fois."
  
Si le pont sur la Corne d'Or  fil conducteur  du livre est très présent, il y a de belles rencontres à faire. Il y a cette Femme  danseuse , un amour, une Shéhérazade, une hombre dorée. Meshihi l'enfant de Pristina, le poète au visage d'ange, l’artiste au regard sombre, mais aussi Arslam l’obséquieux qui manigance des deux côtés de la mer.
Vous l'aurez compris j’ai très vite été happé et ai adoré cette histoire haute en couleur, aux effluves d'eau parfumée et d’épices orientales, de conspirations et de palais. 
En fermant ce livre très vite la nostalgie de Florence m'est revenue.
"Souvent on souhaite la répétition des choses; on désire revivre un moment échappé, revenir sur un geste manqué ou une parole non prononcée; on s'efforce de retrouver les sons restés dans la gorge, la caresse que l'on n'a pas osé donner, le serrement de poitrine disparu à jamais."

Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants de Mathias Enard chez BABEL 7€


mercredi 8 juin 2016

La Grande Panne Hadrien Klent

Accident ou attentat ? Une explosion dans une mine de graphite italienne provoque l’apparition d’un immense nuage qui menace de s’enflammer au contact des lignes à haute tension. Pour éviter la catastrophe, une coupure électrique générale est décidée dans toute l’Italie, plongeant le pays dans le chaos. Le nuage se déplace vers le nord, et la France décide à son tour de procéder à un black-out sur son propre réseau. Le gouvernement part s’installer sur l’île de Sein, en Bretagne, pour superviser la panne qui s’annonce. Commençant comme une série catastrophe, déroulant l’agenda d’une cellule de crise...

Que ferions nous sans téléphone portable, sans radio, sans journaux... Et oui! Si tout s’arrêtait que ferions nous? Nous, qui sommes aujourd’hui dépendants de toutes les nouvelles technologies. C’est sur chemin que nous emmène Hadrien Klent
A travers de petits chapitres, légers, savoureux  et une écriture sans répit, nous sommes plongés à l’intérieur des cabinets ministériels en plein cœur des décisions, puis aussi vite  dans une enquête de police. Des rotatives presque centenaires du seul journal encore publié à un nid d'espion américain, d’un chef d’état déprimé voir proche de la folie  à un groupe d’anarchiste préparant un nouveau  grand soir .
Jour après jour, on se prépare à la Grande Panne, plongé dans les arcanes du pouvoir et à la préparation du grand chambardement. C'est depuis l’ile de Sein que sera lancé le top de l'écran noir.
 
Un roman à la fois catastrophe, d'espionnage et d'anticipation,  un livre qui se lit sans déplaisir.
Hadrien Klent parfois de manière encyclopédique, nous plonge dans les méandres du pouvoir et des contrepouvoirs, accompagnant les équipes travaillant dans l'ombre ou auprès de conspirationnistes.
Au final, si l’aspect catastrophique est vite oublié et le quotidien du citoyen lambda à peine survolé,  j'ai bien aimé et recommande cette histoire divertissante.  

La Grande Panne  Hadrien Klent  Editions Le Tripode 19€

Keisha en parle ici